« Histoire de la violence » de Edouard Louis – Un nombrilisme assumé mais inconvenant

J’ai découvert Edouard Louis grâce à la tornade médiatique qui a eu lieu autour de la sortie de son nouveau livre : « Histoire de la Violence ». Cet auteur s’était déjà fait connaître avec un premier ouvrage sorti en janvier 2014, « En finir avec Eddy Bellegueule », qui avait rencontré un certain succès. Pour avoir beaucoup partagé et retweeté tout ce qui tournait autour de lui, j’ai vu que peu de mes lecteurs et de mes followers étaient intéressés par son oeuvre. Mais je tiens tout de même à partager ici mon avis sur ce livre dont on parle beaucoup en ce moment.

"Histoire de la Violence" de Edouard LouisEdouard Louis, dans cette nouvelle oeuvre, raconte une nuit de Noël terrible durant la quelle il a subi maltraitances, viol et tentative de meurtre, par un jeune homme rencontré le soir même à la sortie d’une soirée entre amis. Au vu des avis positifs et de l’engouement pour ce nouveau livre, j’ai tout de suite été intéressée par l’intrigue, non pas par curiosité malsaine mais pour découvrir un tel témoignage.

Je m’étais jurée d’attendre un petit peu avant d’acheter ce livre, mais j’ai craqué à force de le voir partout à la Fnac, surtout après avoir découvert, à mon travail, que Edouard Louis serait présent pour une séance de dédicace le 11 février (aujourd’hui) à la Fnac de Saint-Lazare. Je ne voulais pas me présenter sans avoir lu « Histoire de la Violence », et j’ai bien fait, car seulement au bout de 50 pages, j’ai refermé le livres avec un dégoût et une exaspération que je n’ai pas l’habitude de ressentir lors de mes lectures.

Je ne vais pas vraiment vous parler de l’intrigue ni de son traitement ici, car je ne suis pas allée assez loin dans le livre, mais surtout car nous savons déjà ce qu’il se passe. Ce qui m’a intéressée ici, c’est la plume d’Edouard Louis. Son style… Un style tel que, pour la première fois de ma vie, en seulement une heure de transports en commun, j’ai définitivement refermé le livre, dépitée… et en colère.

Pour reprendre une expression entendue par un critique littéraire du Figaro, « Edouard Louis se regarde écrire ». Je n’étais pas sûre de comprendre ce que cela signifiait, jusqu’à ce que je commence ma lecture. L’auteur se met en constamment avant, vantant ses lectures sans y paraître, ses fréquentations, son ascension sociale.

Sa sœur joue un rôle important dans la narration de l’histoire. Edouard Louis lui donne la parole, alternant ainsi son récit à elle avec le sien, opposant les deux version. Il donne à sa sœur une certaine amertume dans ses paroles, comme si elle dénigrait l’agression vécue par son frère, et ce avec des tournures de phrases et des mots à peine français, mal parlés. Il lui donne un côté non cultivé, presque illettré que je n’ai pas supporté tant elle est rabaissée à côté de sa propre culture, de ses lectures. Je ne sais si c’était voulu, mais le sous texte était : « Vois, ma soeur, comme toi tu t’exprimes, et le chemin que moi j’ai réussi à parcourir ».

Parlons maintenant de ce qui a freiné plus d’un lecteur : le nombrilisme et l’égocentrisme de l’auteur. Nous pouvons tous comprendre à quel point cet épisode a été éprouvant, épouvantable à vivre. Traumatisant, c’est le mot. Je doute que tout un chacun vive une telle horreur ne serait-ce qu’une fois dans sa vie. Mais Edouard Louis met son problème au dessus du problème des autres. Il le dit d’ailleurs clairement : il déteste les gens qu’il voit sourire dans la rue, car ils n’ont pas à sourire face à ce qu’il vit, et il déteste les gens qu’il voit tristes car selon lui, ils ne savent pas vraiment ce qu’est la tristesse tant qu’ils n’ont pas vécu ce qui lui a vécu. Il raconte vouloir livrer son histoire à tous, sans but. Entrer dans un supermarché, arrêter une personne au hasard, un inconnu, et lui raconter son agression. Aux premiers abords, j’ai été heureuse de voir enfin un exemple de victime qui veut parler de son traumatisme. La plupart du temps, les films, séries et livres parlent de victimes muettes, faisant preuve d’une certaine pudeur dans laquelle, personnellement, je ne me retrouve pas du tout. Si j’étais victime d’une telle agression, même moindre, je ressentirais le besoin d’en parler, non pas pour me faire plaindre. Mais certainement pas à des inconnus !

Ce côté Calimero et nombriliste m’a coupé toute envie de découvrir plus avant l’histoire de cet homme. Sa façon de voir son malheur est vraiment inconvenante à mes yeux.

Si vous ne connaissez pas « Histoire de la Violence » d’Edouard Louis, je vous encourage vraiment à vous faire votre propre avis. Quand bien même ce livre serait ma plus grosse déception depuis plusieurs années, il ne rentre pas dans la catégorie des livres que je ne conseille pas. 

Lien Livraddict – Ma note : 5/20

Lien SensCritique

 

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Une réflexion sur “« Histoire de la violence » de Edouard Louis – Un nombrilisme assumé mais inconvenant

  1. Ouah ! Et bien quelle chronique !
    Je ne pense pas le lire du coup, même si c’est vrai qu’il vaut mieux se faire son propre avis. Le sujet abordé ne me plaît déjà pas (cf : mes réponses aux Liebster Award sur mon blog, je ne supporte pas les scènes de viols écrites, filmées ou autre) donc de base je ne l’aurais pas lu. Mais je déteste aussi les auteurs qui dénigrent les autres… (cf : une nouvelle fois mes réponses aux Liebster Award ahah). Combo de l’horreur pour moi donc !

    Chronique intéressante en tout cas 🙂
    Je comprends pourquoi tu n’as pas voulu continuer ta lecture…

    Aimé par 1 personne

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