« Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ? » de Geneviève Lefebvre – Un gros coup de cœur !

Quoi de mieux pour clore une panne de lecture qu’un bon coup de cœur comme on les aime ?

Si vous connaissez un peu mes goûts de lecture, vous savez que mes coups de cœurs portent très souvent sur les livres qui font du bien, sur les hymnes à l’espoir. J’avais notamment eu une sacrée révélation avec « Les gens heureux lisent et boivent du café » de Agnès Martin-Lugand qui est, depuis lors, une de mes auteures favorites.

Avant la lecture, ma première passion est… les animaux. Donc quoi de mieux que d’allier lecture, hymne à l’espoir et animaux dans une même oeuvre ? C’est ce que Geneviève Lefebvre, auteure canadienne, nous propose avec « Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ?« , lu ici aux éditions France Loisirs.

"Qu'est-ce qui fait courir Julia Verdi ?" de Geneviève LefebvreJulia Verdi est empêtrée dans une vie qui ne lui convient pas. Elle enchaîne les échecs amoureux et ne vit que pour son travail, persuadée de ne pas avoir à se remettre question, habituée depuis toute petite à recevoir sans donner.. Après un énième rejet sentimental, elle trouve, abandonnée en bas de chez elle, attachée à un poteau dans le froid, une jeune chienne boxer. Impossible de rester insensible, et avec ce froid, la chienne ne passera pas la nuit. Julia décide de l’accueillir chez elle le temps de lui trouver une nouvelle famille. Sa vie va alors changer du tout au tout.

 

Mon avis

Accomplissement personnel, animal abandonné et sauvé, changement de vie. Que des ingrédients qui me plaisent. Très peu de dialogues, et même si c’est une facette à laquelle je suis réticente la plupart du temps, cela ne m’a absolument pas dérangée ici. Le récit est écrit à la première personne du singulier, ce qui donne beaucoup de vie.

Je me suis pas mal identifiée au personnage de Julia, ou du moins je lui ai identifié une période de ma vie. Seule, persuadée qu’elle finira seule, ne pensant qu’à son avenir, sèche dans son cœur et incapable de se remettre en question, on a pourtant beaucoup à apprendre de son évolution.

Elle déteste les chiens (bon, pour cela, je ne m’identifie pas du tout à elle :)) et elle se sent pourtant incapable de laisser cette pauvre bête dans le froid. Et sa vie va changer. Promenades, course à pied, rencontres au parc, elle s’identifie beaucoup au comportement de sa chienne. Sa façon se chercher l’affection des autres chiens mais de se faire rejeter et aboyer dessus quand même, de courir après les écureuils, ventre à terre, sans se soucier de l’échec, de l’attendre chaque soir avec ses « petits yeux de gorille délaissé », comme elle les décrit. Elle va apprendre à vivre, à délaisser le futile pour prendre sa vie à pleines mains et respirer. Elle va rencontrer amours, amitiés, nouveaux personnages atypiques, nouveaux chiens, se voir changer au jour le jour.

Il dépose un chihuahua blond par terre, libre de laisse, et une minuscule bombe se met à zigzaguer comme un dératé en direction de Fille, qui s’arrête immédiatement, déroutée par cet ersatz de chien atomique. Compte tenu de mes observations sur l’importance de la taille du chien par rapport à celle de l’ego du maître, j’aime bien les hommes qui sont au bout de la laisse d’un chihuahua. Je pose donc la seule question digne d’intérêt dans les circonstances.

« Comment il s’appelle, ton chien ?

-Rocco. »

Rocco. Rocco. Comme le… ?

« Comme l’acteur de films pornos, oui. »


Ils ont un rituel qui me fend en deux à chaque fois. Il vient vers elle, gracieux, elle se couche devant lui et lui offre son torse pour qu’il s’y love. Ensuite, elle entreprend de lécher le chat. Sa tête, ses oreilles, son museau, son cou. Elle évite sa tumeur, sentant probablement qu’il a mal. A la fin, le chat ressemble à Elvis du temps de ses concerts à Vegas, quand la quantité de laque lustrée qu’il avait dans les cheveux aurait suffi à faire tenir l’Empire State Building sur le bord du Grand Canyon. A l’horizontale.

Hélas, Julia s’est fait une promesse : ne pas garder la chienne, qu’elle a baptisée Fille. Elle cherche une famille d’accueil qui puisse la récupérer et lui offrir une belle vie. Et cette question m’a tenue en haleine et serré le cœur tout le long de ma lecture… « Non, mais elle ne va pas s’en séparer quand même ? »

Ce livre ne casse pas trois pattes à un canard, c’est vrai. On reste quand même loin de l’humour simple de n’importe quel livre qui se veut humoristique, comme on pourrait le croire avec la première citation.

De nombreux passages vous feront sourire ou vous attendriront. C’est le genre d’histoire dans laquelle nous nous lovons, qui nous bichonne telle une bonne couverture au coin du feu. Ne vous attendez pas à des péripéties haletantes, à des réflexions profondes. Il s’agit avant tout d’une lecture pleine de réconfort et qui se fait à une vitesse déconcertante. Un lecteur relativement rapide pourrait se le lire le temps d’une après-midi seulement. Vous partez en week-end, mais craignez qu’il ne fasse un temps de chien (quel jeu de mots…) ? Ce livre est le compagnon idéal pour une après-midi froide, pluvieuse, neigeuse (ben oui, le mois d’avril semble ne pas s’être réveillé cette année…). Si en plus vous êtes passionné d’animaux comme moi, vous ne pourrez que fondre devant la nouvelle vie que Julia offre à Fille, même si l’histoire est beaucoup plus centrée sur la nouvelle vie de Julia que sur celle de la chienne.

A la fin du livre, on raconte que cette histoire est fortement inspirée de la vie de l’auteure, Geneviève Lefebvre, qui a elle même découvert une chienne boxer abandonnée dans le froid en bas de chez elle.

On s’est dit qu’on prendrait la chienne pour la nuit, histoire de ne pas la laisser mourir de froid, et puis qu’on aviserait les refuges pour animaux. Une nuit. Maggie Golightly est encore avec nous, reine du lit.

Ce livre m’a touchée, l’abandon d’animaux étant une cause qui me préoccupe beaucoup. Et je profite de cette chronique pour reprendre les mots de l’auteure, qui ne sauraient être plus justes : « Merci à toux ceux qui ne passent pas leur chemin devant un animal qui a froid ou faim ».

Merci pour cette découverte, France Loisirs. Bonne lecture à tous !

"Qu'est-ce qui fait courir Julia Verdi ?" de Geneviève Lefebvre - Un nouveau coup de coeur

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7 réflexions sur “« Qu’est-ce qui fait courir Julia Verdi ? » de Geneviève Lefebvre – Un gros coup de cœur !

  1. Oh ma puce 💜 j’adore les chiens. L’abandon est contre toute nature humaine je hais ces personnes !! Je suis très sensible aux histoires avec des chiens. D’ailleurs j’ai pas vu le film Hatchi parce que je savais que j’aurais pas pu tenir le coup. Je suis très très sensible. Comme une gamine. J’adore ta chronique on voit bien que c’est ton coup de coeur 💜 très beau ma belle

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ma belle. Moi non plus, je n’ai pas vu Hatchi. Je m’y refuse catégoriquement. Même s’il ne s’agit pas de maltraitance, je ne pourrai pas supporter de voir un chien aussi triste.
      J’ai très hâte de pouvoir adopter un vieux toutou de la spa.
      J’espère t’avoir donné envie de lire ce livre. Promis, pas de larmes, pas de malheur animal. 🙂

      Aimé par 1 personne

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