« Je voulais juste vivre » de Yeonmi Park – Un must read

Aujourd’hui, on sort de la fiction. Venez avec moi, je vais vous faire voyager. En Corée du Nord.

Bon il y a peut-être mieux comme phrase d’accroche. La Corée du Nord n’est pas la destination qui fait le plus rêver. Mais elle reste malgré tout un pays qui me fascine énormément. Le monde a toujours connu des dictatures épouvantables. Certaines sont encore de vigueur aujourd’hui mais la Corée du Nord, c’est autre chose. Je la vois comme un pays factice, de façade, un décor derrière lequel est cachée la misère.

Seul un certain nombre de personnes triées sur le volet sont autorisées à visiter la Corée du Nord tous les ans, et le circuit de visite est imposé et réglé par le gouvernement. Seuls les plus grands monuments et les plus belles rues du pays peuvent être vus. Mais tout cela cache un tout autre visage.

"Je voulais juste vivre" de Yeonmi ParkYeonmi Park est une jeune nord-coréenne née en 1993 à Hyesan au nord du pays, à la frontière de la Chine. Sa vie : lutter contre la faim, la soif, le froid, les maladies, l’oppression du gouvernement, vivre constamment dans la peur.

A l’âge de 13 ans, elle est décidée. Elle veut fuir ce pays, fuir vers la Chine d’où viennent ces odeurs de nourriture, où l’électricité n’est pas un luxe et où, à ce qu’on dit, la vie est tellement plus facile. Hélas, c’est aux mains de ses passeurs chinois qu’elle va passer les sept années suivantes, hommes qui se révéleront être à la tête d’un immense trafic d’êtres humains.

Rêver d’une vraie vie est-il un crime ? Est-ce si impossible que cela pour un Nord-Coréen de connaître le bonheur ?

 

Mon avis

La Corée du Nord est un pays qui me fascine de par son absurdité et son côté factice. Tout y est faux, tout n’y est que mensonge, et tout le monde le sait. Pourtant, peu de gens savent vraiment ce que vivent les habitants nord-coréens. L’oppression, la peur, la famine, le froid, les maladies. Tout cela, c’est leur quotidien. Et Yeonmi Park, ce petit bout de femme frêle mais si fort mentalement, a décidé de coucher sa vie sur le papier afin de dénoncer les horreurs qu’il se passe dans ce pays, mais aussi pour mettre à jour l’un des plus odieux trafics d’êtres humains qui soit.

Elle va nous décrire son incrédulité face aux idées imposées par le gouvernement, sa lutte pour la liberté et le bonheur.

En Corée du Nord, on persuade les habitants, dès leur plus jeune âge, que les dirigeants sont des dieux pourvus de pouvoirs extraordinaires, notamment celui de contrôler la météo ou de lire dans les pensées de leurs citoyens. Et malgré cela, la famille des Kim est idolâtrée, de génération en génération. On apprend aux enfants que leur pays est en fait la victime du reste du monde, persécutée par la Corée du Sud et par « ces gros et affreux américains ». Les unités utilisées pour les problèmes de mathématiques des élèves ne sont pas des poires, des pommes ou des pièces, mais des « sales yankees ».

Yeonmi Park nous fait découvrir la vraie débrouille dont doivent faire preuve les citoyens nord-coréens pour ne pas mourir de faim ou de froid. Le marché noir, les échanges, l’entraide, et pourtant la peur constamment présente. Eh oui, imaginez-vous vivre dans un pays où vous êtes persuadé que votre Dirigeant Suprême que vous croyez être un dieu peut, à tout moment lire dans vos pensées ? Imaginez-vous vivre dans un bidonville avec la peur constante d’entendre des soldats frapper à votre porte pour vous emmener dans un camp de travail dont vous ne reviendrez jamais, pour traîtrise, que vous craignez qu’à tout moment votre voisin vous trahira pour couvrir sa propre famille. La délation est le mot d’ordre.

Yeonmi Park va nous décrire son enfance qu’elle vivra étroitement avec sa sœur, abandonnées dans le noir chez elles en attendant leurs parents, partis chercher quelques dizaines de grammes de riz pour les nourrir. Si vous vous satisfaites de 60 grammes de riz cru pour un repas, dites-vous qu’en Corée de Nord, c’est ce dont ils disposent par famille et par semaine. Tout cela n’est que la surface de l’horreur que vivent les nord-coréens.

Yeonmi Park va également nous décrire sa vie en Chine, où elle réussira à passer lors de ses 13 ans et où elle finira prisonnière d’un odieux trafic d’êtres humains. Les mariages forcés, la peur de retourner en Corée du Nord, les viols, les maltraitances, les coups, le désespoir, elle et sa mère vont connaître des horreurs que nous n’osons pas même imaginer. Mais ce petit bout de femme malingre n’a jamais abandonné. Et tandis qu’à son âge, nous, nous ne faisions que rêver au beau garçon de notre classe, prendre des selfies, sortir entre amis, et vivre insouciamment, elle était déjà devenue adulte. Elle n’a jamais vraiment eu d’enfance ni d’adolescence.

Aujourd’hui, Yeonmi Park est une citoyenne sud-coréenne, activiste des droits de l’Homme et dissidente nord-coréenne qui veut mettre à jour le terrible visage du régime des Kim. Ce livre est une véritable leçon de vie. Je l’ai lu dans un des moments les plus difficiles de ma vie (si ce n’est le plus difficile jusqu’ici) et il m’a totalement absorbée alors qu’il m’était impossible de me concentrer sur une autre lecture. Et non, je n’étais pas encore plus déprimée en lisant la vie si triste de cette petite Yeonmi. Je ressortais plus forte de ma lecture, je pensais sans cesse à elle, à sa vie, à son aventure, à sa quête du bonheur. Et croyez-moi, non seulement on relativise, mais il est saisissant de découvrir une facette du monde dont un parle si peu dans les médias. Les véritables conditions des vie des nord-coréens sont cachées, balayées sous un tapis où la famine et la pauvreté tuent la population.

Je ne saurais assez vous conseiller de découvrir la vie de Yeonmi. Je n’avais pas classé cet ouvrage comme coup de coeur à la fin de ma lecture, et quand je vois aujourd’hui comment il m’a secouée et comment je continue encore d’y penser aujourd’hui, je pense que je peux le qualifier de révélation, de coup de coeur, de must read.

Lancez-vous, cela reste une lutte contre le régime inhumain des Kim. Nous devons savoir.

Ma note Livraddict : 20/20

Ma note Babelio : 5/5

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