Le classique n’est pas ton ennemi : mes 5 classiques favoris

Plusieurs mois que je tenais à vous faire cette chronique, et une vidéo de Bulledop a achevé de me convaincre.

Nous luttons presque tous durant le collège et le lycée pour lire les livres qui nous sont imposés par notre professeur de français. Si certains ont une véritable révélation lors de leurs lectures et décident, sans hésitation, de se lancer dans une filière littéraire, d’autres, bien qu’ils aiment la lecture, restent dubitatifs et s’ennuient ferme.

Je fais partie de cette dernière catégorie. Selon moi, le système éducatif, pour ce qui est du cours de français, est insensé. Ce serait en forçant des adolescents à lire Zola ou Maupassant qu’on leur donne le goût de la lecture ? Bien-sûr que non !

Ce genre de littérature ne s’apprécie que si on s’y attaque de notre plein gré, ou lorsque nous avons assez de maturité pour l’apprécier. Je connais un collège où un professeur de français faisait lire Harry Potter et Agatha Christie à ses élèves. C’était une pure réussite : les enfants demandaient sans cesse de nouveaux livres à leurs parents, et étaient force de proposition quant aux prochaines œuvres à étudier en classe.

Et pourtant, je dois dire que malgré cela, certains classiques qui m’ont été imposés m’ont énormément plu. Si selon moi, les professeurs de français devraient davantage se concentrer sur les œuvres susceptibles de donner le goût de la littérature aux enfants, quitte à laisser un peu de côté l’étude du sous-texte et des figures de style, certains classiques restent très agréables à lire, et ce, à tout âge.

Voici le top 5 des mes classiques littéraires favoris, crescendo. J’ai découvert chacun d’entre eux en cours, et remercie mes différents professeurs de français pour ces découvertes.

5 – « Bel-Ami » de Guy de Maupassant – Editions Folio Classique

"Bel Ami" de Guy de MaupassantGeorges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d’une rencontre le met sur la voie de l’ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l’intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l’initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu’il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu’il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l’ombre. La presse, la politique, la finance s’entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l’érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l’angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

Curieusement, je ne garde aucun souvenir de l’histoire, seulement du sentiment ressenti lors de ma lecture. J’ai beaucoup aimé.

 

4 – « Manon Lescaut » de l’Abbé Prévost – Editions Folio Classique

"Manon Lescaut" de l'Abbé Prévost« Manon était une créature d’un caractère extraordinaire. Jamais fille eut moins d’attachement qu’elle pour l’argent, mais elle ne pouvait être tranquille un moment avec la crainte d’en manquer. C’était du plaisir et des passe-temps qu’il lui fallait. Elle n’eût jamais voulu toucher un sou, si l’on pouvait se divertir sans qu’il en coûte. »

J’avais adoré la plume de l’Abbé Prévost, qui était très fluide, très facile à comprendre et à suivre, ce qui détonne avec l’image que nous nous faisons des classiques.

 

3 – « Madame Bovary » de Gustave Flaubert – Editions Le Livre de Poche, collection Classique

"Madame Bovary" de Gustave FlaubertPour son malheur, Emma Bovary est née femme et vit en province. Mère de famille contrainte de demeurer au foyer, elle mène une existence médiocre auprès d’un mari insignifiant. Pourtant, Emma est nourrie de lectures romantiques et rêve d’aventures, de liberté et surtout de passion. L’ennui qui la ronge n’en est que plus violent, au point de la pousser à l’adultère.

Qu’est-ce que j’avais mis longtemps à le lire, et forcément, sur la fin, j’avais hâte que ma lecture se termine. Mais j’en garde malgré tout un excellent souvenir.

 

2 – « Le Lion » de Joseph Kessel – Editions Folio

"Le Lion" de Joseph KesselKing lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s’étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée. »

L’histoire d’un amour fou entre une petite fille et un lion.

Un des livres les plus poignants que j’aie lu. Une histoire absolument extraordinaire qui vous serrera le cœur tout le long de ses 256 pages… Un véritable hymne à la beauté de la nature et du règne animal.

 

1 – « Le Parfum » de Patrick Suskind – Editions Le Livre de Poche

"Le Parfum" de Patrick SüskindAu XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque.
Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n’aurait pas survécu. Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements et son âme n’avait besoin de rien. Or, ce monstre de Grenouille, car il s’agissait bien d’un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout puissant de l’univers, car  » qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes « .
C’est son histoire, abominable… et drolatique qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman qui, dès sa parution, eut un succès extraordinaire et est devenu très vite un best-seller mondial.

Un des livres les plus poignants et les plus dérangeants que j’aie jamais lus. Il est sans aucun doute l’ouvrage que j’ai préféré lire de toute ma scolarité. Il est parfaitement à la portée d’un adolescent. Je l’ai dévoré lorsque j’étais en 5ème, et je n’étais pas particulièrement une intellectuelle adepte de ce genre de lecture. Je vous le conseille, vous ne lirez jamais rien de tel.

 

Et vous, quels sont vos classiques préférés ? En avons-nous en commun ? Et, à contrario, quel est le classique qu’on vous a forcé à lire et que vous avez absolument détesté ?

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16 réflexions sur “Le classique n’est pas ton ennemi : mes 5 classiques favoris

  1. J’ai voulu lire Madame Bovary quand j’étais au lycée, et pour la première fois de ma vie j’ai reposé un livre sans le finir, tellement j’ai détesté. J’ai fait une deuxième tentative en début d’année et cette fois je l’ai dévoré. Comme quoi, les goûts évoluent 🙂

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  2. « Le parfum » est un excellent livre, mais tu te trompes en l’incluant dans les classiques. Il date de 1985. « Le lion » est aussi plutôt moderne -1958.

    Ces auteurs sont bien plus accessibles que les romantiques et les réalistes du 19ème siècle… et n’en ont pas moins de talent.

    Un auteur qui fait « classique » et qui est en fait contemporain, c’est Robert Merle. On devrait le donner à lire aux lycéens, plutôt que les habituels pavés indigestes des grrraAanzôteurs. Il réconcilierait le lycée avec la littérature.

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    1. Ce n’est pas parce que leurs oeuvres datent du 20 ème siècle qu’elles ne sont pas considérées comme des oeuvres classiques ! Je les considère comme telles en tout cas, et elles sont enseignées comme telles à l’école.

      Pour avoir essayé Robert Merle lorsque j’étais adolescente, sur le conseil fortement appuyé de ma maman, je n’avais pas du tout aimé, je n’étais pas réceptive à sa plume, et du coup j’ai du mal à me dire que je dois réessayer de le lire, aujourd’hui.

      Quoiqu’il en soit, tu as raison. Les professeurs (ou le système éducatif en général) devraient davantage se concentrer sur la façon de captiver les élèves et de leur donner le goût de la lecture, plutôt que de leur faire avaler de force des figures de style et des études de texte dont ils ne se souviendront pas deux semaines après…

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  3. Alors je suis d’accord avec ce que tu dis, cependant la liberté quant au choix de lecture n’est pas forcément donnée aux professeurs… Bien souvent il est demandé de faire lire un maximum de classiques pour éveiller les jeunes à la littérature (même si je ne pense pas que ce soit la bonne solution), c’est notre système éducatif qui est fait ainsi. Une prof de français m’a tout de même dit que c’était en train de changer, que la littérature jeunesse est en train de se frayer un chemin ! Ce qui est cool 😀

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  4. Ohhhhh Le lion et Le Parfum des gros gros coups de cœur pour moi aussi *_*

    Je crois qu’on est presque tous d’accord sur le programme de l’éducation nationale littéraire… Je pense que les bancs des écoles gagneraient beaucoup de lecteurs si on approchait la lecture différemment. Différents, titres, auteurs, siècles, genres mais aussi peut-être tout simplement d’une manière plus pédagogique. Et puis, la littérature dite classique pourrait être amenée petit à petit, en faisant des comparaisons, démontrant les influences etc…

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  5. Quel article intéressant et les commentaires qui suivent ouvrent un débat encore plus intéressant !
    Certains livres sont proposés dans les programmes, voire fortement recommandés mais le professeur a toujours le choix de faire son approche de l’œuvre et des œuvres…
    Je reste assez fermée « aux classiques »… (ennuyeuse approche du collège !!).
    Je me posais aussi la question suivante : « qu’est-ce qu’un classique ? ». Je n’ai pas vraiment trouvé de réponse. Est-ce forcément une œuvre ancienne ? Qui définit le classique ?
    Décidément… j’aime beaucoup cet article ! Merci.

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    1. Merci pour ton retour encourageant !

      La définition d’un classique est assez subjective je trouve. Un peu plus haut dans les commentaires, Vincent Raout avançait que « Le Lion » et « Le Parfum » n’étaient pas des classiques. Et il a raison : au sens propre et collégial du terme, ces deux livres ne sont pas des classiques, ayant été écrits par une plume bien trop moderne.
      Au final, je les considère, moi, comme des classiques, au détriment de leur période d’écriture… Mais pourquoi ? J’ai du mal à le dire ^^

      Cher A La Page Des Livres… Tu viens d’ouvrir mon cerveau à une toute nouvelle question… 🙂

      A bientôt sur la blogo !

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  6. Je suis parfaitement d’accord avec toi : j’ai beau, aujourd’hui, adorer lire des classiques, j’ai, pendant des années, refusé de lire le moindre livre scolaire imposé, ce qui m’a longtemps tenue éloignée de ce genre dont j’avais un mauvais a priori injustifié à cause de ces méthodes !
    J’aime beaucoup ta sélection, même s’il faut encore que je lise Le Lion qui me donne bien envie^^

    Aimé par 1 personne

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