« Juste avant le bonheur » de Agnès Ledig – Quand le chagrin nous rapproche

Je pense que cette phrase définit bien l’esprit général de cette oeuvre qu’est « Juste avant le bonheur » de Agnès Ledig.

Je m’attendais à quelque chose d’aussi cocoon et revigorant qu’un Agnès Martin-Lugand. Revigorant oui. Cocoon, pas exactement.

"Juste avant le bonheur" de Agnès LedigLa vie n’a pas toujours souri à Julie… Un accident de jeunesse lors d’une soirée trop arrosée, et la voilà maman à l’âge de seulement 17 ans. Mais son petit Ludovic est tout pour elle, son rayon de soleil, la raison qui la fait se lever tous les matins.

Reniée par ses parents et ses amis, elle n’a d’autre choix pour pouvoir éduquer son petit Lulu de trois ans que de travailler comme caissière dans un supermarché. Mais cela suffit à peine pour joindre les deux bouts.

Un jour qui paraît tout aussi gris que les autres, elle attire l’attention d’un quinquagénaire. Il surprend sur la joue de la jeune fille une larme qui, selon lui, n’a rien à faire là. Il les invite, elle et son fils, à passer quelques jours dans sa maison secondaire, en Bretagne, avec son propre fils tout juste veuf, Jérôme.

Méfiante, Julie accepte, fatiguée de se battre.

Trois bouts de personne vont apprendre à se connaître, à se soutenir, et malgré leurs différences, vont constater qu’ils sont tous égaux face au chagrin.

 

Mon avis

Comme beaucoup de bloggeurs, je prends des notes durant mes lectures. Je trie les passages que je veux retenir, je leur mets des post-its. En bleu, les éléments nécessaire à l’histoire mais que je suis susceptible d’oublier ; en rose, les citations que j’aime, qui me font du bien et que je me vois relire un jour pour me remettre du baume au cœur ; en jaune les passages et citations que je retiens pour vous, pour l’article.

Je vous laisse jeter un coup d’oeil à l’état de ma lecture…

"Juste avant le bonheur" de Agnès Ledig

Un adjectif pour la qualifier : bienfaisante.

Agnès Ledig aborde plusieurs aspects de la misère humaine : les mères trop jeunes, désabusées, abandonnées. La perte d’un être cher. Un vide dans notre vie que nous ne parvenons pas à combler.

Julie cherche sa place, dans cette vie grise et morne. Quel avenir peut-elle donc offrir à Lulu, son fils de trois ans ? Elle lutte chaque jour dans ce travail qui la pèse, harcelée par son chef, discriminée par ses collègues. Elle doit tenir…

Paul vient de divorcer d’une femme froide comme la glace. Sorti d’un mariage sans amour ni passion, proche de la retraite, il a beau avoir un patrimoine conséquent, il se retrouve sans rien.

Jérôme, son fils, ne voit plus de joie dans sa vie. Irène, sa femme, s’est donné la mort pas balle, seulement quelques mois auparavant. Comment se remettre d’un tel drame, d’une telle violence ? Et cette Julie… Il est sûr qu’elle n’en a qu’à après l’argent de son père.

Tous d’un âge différent, d’un horizon différent, d’un passé différent… La seule chose qui les unit et qui les rend tous semblables : leur peine et leur désir de quitter cette solitude si étouffante, de retrouver un peu de chaleur dans leur vie.

Les personnages sont poignants. Ils n’ont rien de superflu et on s’avancerait à dire qu’ils sont fidèles à eux mêmes quand bien même on ne les connaît pas, tant ils ont leur identité propre. C’est plus qu’une simple histoire, que nous livre ici Agnès Ledig, c’est une leçon de vie, on pourrait presque penser que c’est un témoignage tant tout y est authentique.

Malgré tout ce chagrin, Agnès Ledig traite aussi de ce qu’il y a meilleur en nous, de toute la bonté et la compassion dont nous sommes capables. Encore un roman dont la morale est qu’à toute peine survient une guérison, juste avant le bonheur

Il a le mérite d’être le premier livre, de ma vie de lectrice, à m’avoir fait pleurer…

Enfin la voilà cette tristesse qui le ronge depuis des mois. Enfin elle ose sortir de son repaire, pas fière de s’être cachée derrière des apparences. Montre-toi, fichu chagrin, qu’on te fasse la peau.

 

Les larmes font pourtant du bien. Lavage de cerveau, karcher de chagrin. D’où vient cette idée saugrenue qu’il ne faut pas pleurer sous prétexte qu’on a des couilles ?

Ma note Livraddict : 18/20

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