« Mes vacances à Pétaouchnok » de Olivier Pouteau – La petite pépite qui fait du bien

J’ai acheté ce livre totalement par hasard au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse 2016, à Montreuil. Premier stand sur lequel je tombe, les éditions Rouergue. Peu de temps avant, j’avais vu la vidéo de MargaudLiseuse parlant de son coup de coeur pour « Le Coeur des Louves » de Stéphane Servant aux mêmes éditions, j’ai décidé de me laisser tenter. Et je n’ai pas eu tort ! Ma carte bleue n’a pas été de cet avis. Ka-ching !

"Mes vacances à Pétaouchnok" par Olivier PouteauJe résume : j’ai carrément pas le moral.
Je viens de me faire larguer par ma copine. 
Je n’arrive pas à y croire alors je regarde mon téléphone toutes les deux minutes, des fois que je recevrais un message pour me dire qu’elle regrette, que je lui manque, que sans moi la vie n’a aucun sens…
Bref, tout un tas de trucs complètement débiles qu’on s’imagine quand on est désespéré.
Le problème, c’est que si jamais elle me supplie de revenir, je vais avoir du mal à rappliquer rapido, vu que je suis en train de partir en vacances à Pétaouchnok, avec un touriste en short qui se croit envoûté…
Mais bon, à part ça, tout roule.

 

Mon avis

Pourquoi j’ai acheté ce livre ? Je sortais d’une rupture cataclysmique dont je ne me suis même pas encore remise aujourd’hui, et je me suis dit qu’il serait libérateur de lire un point de vue de ce genre, un peu décomplexé, humoristique.

Au final, j’ai adoré ma lecture, mais pas pour cette liberté que j’attendais d’elle. L’intrigue a énormément de charme. Le narrateur, un adolescent de 15 ans dont on ne connaît pas le prénom (je m’en suis rendue compte à la dernière page) apprend un beau matin que son grand-père a fait un infarctus, et la même journée, sa petite amie le largue. « C’était mieux quand on était amis ». Il est dévasté.

Il se fait alors embarqué à la sortie du lycée par Richard, un ami d’enfance de son père qui vit avec la famille lors de ses passages à vide et de ses chagrins d’amour. Et si Richard ne trouve pas la femme qu’il lui faut, cela ne peut être que pour une seule raison : Isabelle Leblanc, la petite fille dont il a brisé le coeur étant enfants, l’a envoûté. La seule solution : se rendre dans son village d’enfance, Saint-Astian, perdu dans les Alpes, pour lui demander pardon.

Et ce Richard, c’est un vrai feu d’artifice. Il n’a pas vraiment grandi dans sa tête. Il vit au jour le jour, les responsabilités il ne connaît pas. Et le souci, c’est que dans la région de Saint-Astian, il y a plus d’une dizaine d’Isabelles Leblanc. Il faut toutes les tester. Et Richard, c’est typiquement le genre de gars qui mentira malgré lui en disant à une toiletteuse canine en manteau de fourure du nom de Isabelle et sosie de Cruella qu’il possède un dogue mâle croisé avec un lévrier afghan qui s’appelle… Isabelle. C’est également typiquement le genre d’homme qui paiera 10€ une baby sitteuse pour le fils de son meilleur ami (âgé de 15 ans, je rappelle), du même âge que lui, pour disparaître dans la nature pendant des jours durant.

Voilà, ça, c’est Richard. Et s’il n’est pas le narrateur, toute la richesse de l’intrigue et des rebondissements tourne autour de lui et de ses… bêtises. Finalement, on va vivre la libération de notre jeune narrateur, perdu en plein milieu des Alpes entre la fille de la tenancière de l’hôtel qui lui fait un peu trop d’effet, son chagrin d’amour qui lui étreint le coeur, son inquiétude pour son grand-père et sa recherche de ce filou de Richard.

Une vraie pépite de 200 pages que l’on dévore sans s’en rendre compte. A lire surtout pour l’atmosphère, ici pas de suspense ni de cliffangher. Et très honnêtement, j’aurais adoré avoir 200 pages de plus à lire… Reposant à souhait.

Mais dites-donc au final… C’est un coup de coeur ! De l’humour, de la nature, le tout sur fond d’un secret de famille douloureux qu’on n’attendait pas du tout.

Il doit se dire que, s’il ne lève pas la tête vers Cruella, elle ne va pas oser lui adresser la parole… Tu parles !

-Vous ici ! elle crie dans la salle d e restaurant en relâchant Eve, qui se retrouve avec une grosse trace de rouge à lèvres sur chaque joue.

Si jamais il y avait encore des gens qui n’avaient pas remarqué son entrée, maintenant c’est fait.

-Bonsoir, fait Richard, en essayant de rester digne.

-Bonsoir, je dis, en me demandant comment on va se sortir de ce merder.

-C’est incroyable, cette coïncidence ! elle crie encore. Qu’est-ce que vous faites là ?

-On mange… répond Richard, très sérieusement.

-Isabelle est avec vous ?

Elle soulève la nappe de la table pour regarder à nos pieds.

-Euh… non, fait Richard. On l’a laissé dans la chambre. Il se repose.

-Ah mince. J’aurais bien aimé faire sa connaissance. Il m’intrigue vous savez.

Y’a pas à dire, c’est la soirée des têtes bizarres. Et là, c’est Eve qui gagne le concours, parce qu’elle capte rien à ce qu’on se dit et qu’elle nous regarde tous les trois comme des malades manteaux. Surtout que Cruella s’obstine à fouiner sous notre table, des fois qu’on y cacherait vraiment notre chien mais qu’on ne voudrait pas le lui montrer.

-C’est qui Isabelle ? demande Eve en regardant la folle inspecter le plancher.

-Leur chien, répond Cruella, qui laisse enfin retomber la nappe sur nos genoux. Il s’appelle comme moi ! C’est drôle, tu ne trouves pas ? Si j’ai bien compris, c’est un croisement entre un dogue et… et quoi déjà ?

-Euh… Et quoi déjà ? me demande cet innocent de Richard.

-Un lévrier afghan, je dis.

-Oui c’est ça, il fait.

-Drôle de mélange… enchaîne Cruella avant de se tourner vers Eve. Tu l’as vu, toi ?

-Non… elle répond. Je ne savais pas que vous étiez avec un chien… Il… Elle… Votre chien s’appelle vraiment Isabelle ?

Je profite que Cruella ait laissé retomber la nappe pour donner un vieux coup de lattes à Richard sous la table. On est déjà totalement enlisés, mais peut-être qu’on peut éviter de s’enfoncer encore plus. Il faudrait juste qu’il dise un truc qui tient la route. Ou un petit miracle.

-Oui, il fait. Au début, on pensait que c’était une fille, c’est pour ça qu’on l’a appelé Isabelle. Mais en fait, on s’était trompés. On n’avait pas bien vu que c’était un garçon. Sauf que maintenant, il est habitué à ce prénom, alors on continue de l’appeler Isabelle, sinon il n’obéit pas.

Bon, ben, ça y est, là, on est tout au fond. Pour le miracle, faudra repasser.

Ma note : 19/20

Sa fiche :Livraddict

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