« Le Coeur des louves » de Stéphane Servant – Autarcie et secrets de village

J’ai découvert ce livre, et par la même occasion les éditions du Rouergue, grâce encore une fois à une vidéo de Margaud Liseuse. Mais pas n’importe quelle vidéo, une vidéo coup de coeur. D’ailleurs, les éditions du Rouergue font partie de mes préférées désormais.

Décidément, Margaud a dû m’inspirer plus de 70% de mes lectures…

Aujourd’hui je vous présente un livre qui sort pas mal de ma zone de confort. Quelques mots pour vous le décrire : village perdu, nature, montagne, autarcie quasi-totale, xénophobie, secrets de village et surtout secrets de famille.

Alors si tout cela vous parle, en avant.

"Le Coeur des Louves" de Stpéhane ServantCélia et sa mère, une écrivaine à succès en panne d’écriture, reviennent vivre dans la maison de leur grand-mère, morte depuis des années, au coeur d’un village perdu dans les montagnes. Leur retour est mal vécu par certains, comme s’il ravivait de vieilles histoires enfouies. Le coeur des louves est un roman impressionnant, flirtant avec le fantastique pour décortiquer les secrets d’une communauté fermée sur elle-même.

 

Mon avis

J’avais fait une première tentative de lecture il y a quelques mois, lors d’un voyage en train. Le récit commençait avec l’abattage d’un chien, paie déjà ton malaise. Je l’avais laissé de côté malgré moi pour une lecture qui me tentait beaucoup plus sur le moment. Puis je l’ai repris sur mon étagère quelques jours avant de partir en vacances.

L’atmosphère m’a bien plu. Célia qui arrive dans la vieille maison de sa grand-mère, qui ouvre les volets, redécouvre les pièces une par une, fait du ménage, et prépare l’arrivée de sa mère.

Je ne crois pas qu’à un seul moment, l’auteur dise précisément où, dans le sud de la France, le récit a lieu. Mais au vu des descriptions qui sont faites, je me suis immédiatement figuré la petite montagne ardéchoise. Des ravins envahis par les forêts, des villages de vieilles pierres accrochées au flan des montagnes au milieu des arbres, une rivière qui coule en contrebas, les rayons du soleil qui peinent à percer ce petit monde feutré et isolé. Honnêtement je m’y croyais. Je sentais presque l’odeur des pins et des ifs.

Déjà, un bon point. J’aime tellement ce pays qu’un roman se déroulant dans un décor apparent était bien parti pour me plaire.

Petit à petit, on fait connaissance avec les figures qui peuplent le village. Des grandes gueules, des apeurés, des dominants, des dominés mais tous abîmés dans le déni d’un secret trop lourd à porter, qui, selon eux, appartient au passé. Mais non. Il est encore bien là.

Petit à petit, Célia va tenter de se faire une place dans ce village où elle est appelée à vivre un temps. Elle retrouve notamment Alice, une amie d’enfance avec qui elle jouait lorsqu’elle rendait visite à Tina, sa grand-mère, et avec qui elle va commencer à nouer des liens fusionnels.

Mais Célia se souvient. Sa grand-mère recevait parfois des gens, dans sa maison. Elle les faisait entrer dans sa chambre, fermait la porte à clé. Et après quelques heures lourdes de silence, ces personnes ressortaient, la tête basse, et partaient.

Entre la haine du village pour Tina, la folie de sa mère, les mises en garde des villageois et leur regard hostile, Célia va petit à petit comprendre que quelque chose de terrible a entaché l’histoire du village, et surtout de sa famille. Et en effet, l’histoire est sordide.

L’atmosphère de ce village et de ces forêts est extrêmement pesante. On a l’impression d’assister à un huis-clos, malgré les quelques escapades de Célia et  Alice dans la vallée. La xénophobie est omniprésente. Plus d’une fois, j’ai eu envie de secouer les villageois, de les faire sortir de ce carcan dépassé dans lequel ils se complaisent.

Et vous n’aurez pas toutes les pièce du puzzle avant le dernier chapitre, les dernières pages. Stéphane Servant a su tisser son récit de main de maître, et ce avec une plume à la fois poétique, légère et fluide qui ne ne vous fera reposer le livre qu’à contre-cœur.. J’ai désormais très envie de découvrir ses autres œuvres.

En bref,

un véritable page turner qui vous soufflera un air frais et pur emprunt de montagne et de forêts. Une fois que vous lisez une phrase du « Coeur des Louves », plus rien ne se passe autour de vous. Vous êtes plongés dans le récit, difficile d’en sortir.

Ma note : 18/20.

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Livraddict

 

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