« Ça » de Andy Muschietti – Meh…

J’ai l’cul entre deux chaises. Voilà. Et oui, la première chronique cinéma du blog va commencer sur ces douces paroles dignes d’un poème de Verlaine.

Si quand je vous écris mon avis sur une lecture, je fais tout pour ne pas spoiler les éventuels lecteurs ne connaissant pas encore pas le livre tout en leur donnant envie de le découvrir, ici, je vais me lâcher.

Il y aura du spoil, et je voudrais surtout partager mes impressions avec ceux qui auraient vu le film et/ou lu le livre. Si vous avez fait les deux c’est encore mieux.

Pourquoi j’ai le fessier hésitant…

Lorsque je vais voir un film tiré d’un livre, je m’arrange toujours pour lire le bouquin avant. Et là, heureusement, ce fut le cas, ou presque. J’ai abandonné au milieu du tome 2. J’avais adoré le premier tome qui m’avait vraiment réconciliée avec le style de Stephen King. Tiens d’ailleurs c’était le titre de ma chronique. La meuf ne se renouvelle jamais…

Je suis allée au cinéma avec beaucoup d’espoirs et la certitude que le film allait être bon, que j’allais passer un bon moment. Et ce fut le cas. Je crois ?

Oui, globalement. Mais ce qui est terrible chez moi, c’est que lorsque je regarde un film dont j’ai lu le livre, je ne peux m’empêcher de faire des comparaisons, de situer dans le bouquin les scènes visionnées à l’écran. Ce qui est con ! Eh oui, le cinéma est un style tellement différent, avec ses propres codes, sa propre « plume » que nous ne pouvons pas comparer les deux. Nous devrions prendre le film pour ce qu’il est : un support différent. Et en aucun cas je ne tomberai dans l’adage « Le livre est mieux que le film ». Cette phrase ne veut rien dire selon moi.

Enfin… Faites ce que je dis, pas ce que je fais, parce que j’en ai été incapable. Et si certains Stephen King on été adaptés avec brio au cinéma, je pense que faire une adaptation « fidèle » de « Ca » est impossible. En série, ça passerait peut-être…

Pourquoi ? Eh bien parce que tout le génie de Stephen King réside dans sa façon détaillée de faire un récit. Autant je n’ai jamais pu sortir de la Comté lors de mes trois lectures du Seigneur des Anneaux (shame on me), autant pour la lecture de « Ca », l’immersion que nous offre l’auteur est essentielle pour bien apprécier le récit. Il fait en sorte de nous donner l’impression d’y vivre. La ville de Derry, vous pouvez la peindre dans votre tête sans omettre le moindre détail. Les appartements, l’école, la bibliothèque, tout !

De l’horreur pour de l’horreur, sans profondeur, ce n’est vraiment pas mon style. Et puis Stephen King a un talent inégalé pour la chose que je trouve la plus importante dans un livre : les personnages. Un livre sans personnages réussis, c’est d’un creux frustrant ! Mais je crois que je n’ai jamais autant eu l’impression de connaître véritablement des personnages qu’en lisant un King. Prenez un dialogue au hasard, une réplique, vous saurez immédiatement qui parle sans avoir vu les prénoms ! Il les peint d’une façon si juste, si humaine et souvent malsaine, si propre… Je suis à court de mot pour vous décrire la justesse de sa plume, mais ceux qui auront lu certains de ses romans comprendront de quoi je parle.

Et est-ce que les personnages sont importants dans « Ça » ? Bordel oui ! Limite plus encore que Grippe-Sou ! Si on est autant immergés dans l’histoire, en plus des descriptions si justes que nous fait Stephen King, c’est grâce à eux ! Les gamins de la bande des Ratés, je les aime d’amour. Bevvy, Billy, Richie (surtout lui), Ed, Ben, Mike, Stan. Ils sont tous géniaux, chacun avec un background terrible. Et leur amitié fait si chaud au cœur.

Et c’est sans parler du personnage le plus magnifiquement écrit parmi tous ceux que j’ai pu lire : Henry Bowers. Le personnage le plus malsain qui soit, qui m’a bien plus terrifiée que ce foutu clown. Terriblement méchant, cruel, sadique, raciste, intolérant, psychopathe. Ce môme est un taré qui vous colle les pires frissons, et qui réunit à lui seul toutes les tares de l’humanité. Dans le livre, dès que son nom apparaît dans un chapitre, vous savez que quelqu’un va prendre cher. Très cher. Ce personnage est parfait tant il vous communique des émotions fortes.

Breeeeeeeeeeeeef, tout ça pour dire… Que le film a complètement loupé ça. A part Richie, Ed et Beverly, les Ratés n’ont aucune profondeur, aucun charisme. Et Henry Bowers est simplement dépeint comme un bully, un gosse à problèmes alors qu’il est tellement plus que ça. J’ai eu l’impression de voir à l’écran une gentille bande de coupains qui vont se battre contre un méchant clown avec des grandes dents. Il ne manquait plus que Scooby Doo. Bon ok, avec quelques litres d’hémoglobine en plus.

Même Grippe-Sou est traité beaucoup trop légèrement selon moi. Après il sera peut-être davantage approfondi dans le second film, qui sortira apparemment l’année prochaine. Mais on parle quand même du personnage principal, là. Et dans le livre, même avant d’avoir les révélations sur son origine, il est écrit d’une façon beaucoup plus percutante. On ne parle pas seulement d’un clown, mais d’un monstre qui est censé représenter la peur elle-même ! Et qui s’en nourrit. Bon, ce dernier point est bien abordé, dans le film, sur la fin. Mais sinon, Grippe-Sou est juste… un clown flippant qui fait des tours de magie.

Et c’est le gros défaut du film, sa trame n’a aucune saveur et ne se démarque pas d’un autre film d’horreur quelconque. Tout le long, on n’assiste qu’à une succession accélérée de scènes flippantes, nous amenant très vite et de façon pas du tout subtile le rapport de chaque Raté au clown. Et si la scène de fin m’a donnée envie de crier mes encouragements comme à un match de box, au final… La mise en scène reste très plate lorsque l’on connaît le livre d’origine.

Bon, je lui ai un peu refait le portrait au film, là. Pourquoi suis-je mitigée alors ?

Après la séance, je me suis dit :

– Et sans tenir compte du livre, si tu avais vu le film sans l’avoir lu, t’en aurais pensé quoi ?

– Qu’arracher le bras d’un gosse de cinq ans à la quatrième minute d’un film hollywoodien, ce n’est pas très Charlie quand même…

– Non mais le film, Marion…

Ah ! Denis Brogniart

« Ça » passe

(hohoho le jeu de mots). C’est de l’horreur comme on l’aime ! La direction artistique est au top, les effets spéciaux sont très biens, l’acteur qui joue le clown, Bill Skarsgård, semble très inspiré et m’a donné bien plus de frissons que Tim Curry dans l’adaptation de 1990. Autres temps, autres mœurs, vous me direz.

Et les décors collent très bien au livre, c’était exactement comme je l’imaginais (bordel Marion, on t’a dit « sans tenir compte du livre » !). Andy Muschietti nous a évité les screamers répétitifs, ingrédient incontournable et un peu lassant qu’on vous sert maintenant dans tous les nouveaux films d’horreur (Big-up « The Conjuring », responsable de pas mal de mes nuits blanches).

Ici, on n’est plus dans la suggestion timide avec de temps en temps des apparitions putassières sur un coup de violon strident (ne te cache pas « Insidious », oui oui, je parle de toi), mais dans l’exposition totale du monstre. On le voit, il parle, il est bien fait, il fait peur. Comme quoi, pas besoin de screamers pour avoir peur, une mise en scène sobre et élégante suffit.

Et les Ratés, même ceux dont le personnage n’a pas été correctement traité selon moi, jouent à la perfection. Je tire mon chapeau à Finn Wolfhard (Richie Tozier) que j’avais déjà adoré dans « Stranger Things », Sophia Lillis (Beverly) et surtout Jack Dylan Grazer (Eddie Kaspbrak) qui est d’un naturel déconcertant.

Mais en tant que grande amatrice de films d’horreurs, je n’ai pas trouvé que ce film avait grand chose d’extraordinaire. Et pourtant, vous savez quoi ?

Il s’agit du film d’horreur ayant le plus rapporté de l’histoire du cinéma d’épouvante.

Alors, si quelqu’un n’ayant vu que le film lit ces mots, s’il te plaît, donne moi ton avis. Que tu aies aimé ou pas, je veux avoir l’avis pur d’une personne n’ayant son opinion spoliée par le bouquin.

En parlant de ça… J’ai dit que je trouvais son côté « adaptation » loupé mais… il m’a donné envie de retenter la lecture du tome 2. Non, je ne suis pas du tout contradictoire.

Et vous, vous avez frissonné ? Vous êtes coulrophobe maintenant ? ;)"Ca" de Stephen King

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6 réflexions sur “« Ça » de Andy Muschietti – Meh…

  1. En ayant vu le film sans avoir lu le livre, je l’ai a-do-ré. Pas du tout familière du cinéma d’horreur, je me suis fait complètement emporter par la trame même si je prévoyais à l’avance quasiment tous les jumpscares^^ (habitude des jeux vidéo). D’autres personnes m’ont dit que des aspects du roman étaient passés à la trappe mais comme tu dis, vue la richesse du film sans faire de comparaison, on voit difficilement comment les scénaristes auraient pu faire tenir autant d’infos dans 2h15 de film. Donc pour moi c’est un grand oui, et j’irai voir la suite au ciné aussi !

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    1. Merci beaucoup pour ton retour ! Moi aussi j’irai voir la suite au cinéma, c’est sûr ! ET je comprends qu’en 2h15 ils aient été obligés de squizzer certains éléments du livre… C’est pour cela que je dis que cela aurait été bien en série !

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  2. Gros gros coup de cœur pour cette saga, je meurs d’envie d’aller voir le film mais je suis obligée de faire 45 min de route pour aller le voir… Donc bon, je crois que je vais me contenter d’attendre sa sortie en blueray ! 😦

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  3. Je n’aime pas les films d’horreur, mais j’ai adoré Ça. Après, je n’ai pas lu le livre (pas encore, car c’est prévu maintenant (mais c’est la dernière fois que je laisse une chance à King)) et je comprends tout à fait tes réticences, ce sont celles que j’ai quasiment à chaque fois que je vois une adaptation. Je serai sans doute beaucoup plus critique envers le film une fois le livre lu, mais pour l’instant, je suis contente de rester encore un peu sur ma bonne opinion !

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  4. J’ai lu le livre et j’ai peur de ce que ça va donner quand je vais voir ce film. La dernière adaptation d’un King que j’ai vue est 22/11/63. Et malgré qu’ils l’ont faite en série, ils n’ont pas pu caser la moitié de ce qu’il y a dans ce sublimissime bouquin. J’ai franchement détesté.
    Je pense pas qu’il soit possible de regarder un film dont on a lu le bouquin dans faire de comparaison. Si on a aimé le livre c’est pour ça qu’on va voir le film, sinon y a de grandes chances qu’on préfère ne pas y aller.
    Si vous y arrivez, moi pas. Et malheureusement dans la plupart des cas JE trouve le livre meilleur. Pour l’instant seul Game Of Thrones me paraît aussi chouette, sinon meilleur que le livre.

    C’est mon premier commentaire sur ton blog et j’aime bien ta façon de t’exprimer.

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