« Apostasie » de Vincent Tassy – Quand une atmosphère ne nous lâche plus

Première lecture achevée pour mon Cold Winter Challenge ! Et j’ai plutôt bien démarré ! 🙂

J’ai découvert ce livre totalement par hasard sur l’étal des Editions du Chat Noir au Salon du Fantastique en automne 2017. Mathieu Guibé, cogérant de la maison, me l’a extrêmement bien vendu, m’assurant que c’était un livre unique qui nous prenait au dépourvu et qui ne nous lâchait plus.

Peu de temps après, je découvre l’avis de Margaud Liseuse dessus, et les louanges sont les mêmes. Une atmosphère, une histoire qui ne nous lâchent pas et qui en font un livre unique. Et effectivement, je n’ai pas été déçue.
Je pense que je vais avoir beaucoup de mal à vous retranscrire toutes les émotions par lesquelles je suis passée durant ma lecture, je dirais même que c’est un des articles les plus difficiles que j’aie eu à écrire ! Laissez-moi vous parler de la Princesse Apostasie, dont l’histoire va vous envoûter et vous faire découvrir une toute nouvelle palettes de sentiments et de sensations.

"Apostasie" de Vincent TassyVous pouvez totalement juger ce livre sur sa couverture, pour cette fois, on vous y autorise ! Tout est dedans ! Ce décor sombre, gothique, ce prince ténébreux à la beauté taillée à la serpe, les arbres rouges, la forêt oppressante et omniprésente. Je l’ai lu pour l’hiver, mais je pense que c’est une lecture parfaite pour l’automne.

Nous allons rencontrer Anthelme qui, après 3 ans d’exil dans une forêt appelée La Sylve Rouge, va rencontrer Aphélion, un homme si beau qu’il vous en ferait perdre tous vos repères physiques et moraux. Il va alors inviter Anthelme dans son palais au cœur de la forêt, la Maison des Effraies, et lui raconter l’histoire de la princesse perdue Apostasie du royaume d’Altrosa , fille du roi Irvine et de la reine Lavinia que son amour pour le roi va mener à faire des choses terribles et à sceller le destin de sa fille. On découvre d’ailleurs toute l’importance de cette princesse à la fin du livre, comme une révélation ultime de thriller qui nous fait comprendre tous les chapitres précédents, une sensation que, personnellement, j’adore !

L’auteur nous offre une mise en abîme menée d’une main de maître, où poésie et douceur vont vous charmer. Des châteaux en ruines où la nature a repris ses droits, des âmes en peine, un prince vampire charmeur qui se nourrit du désespoir de ses victimes, une reine que son cœur brisé va mener à la pire des vengeances et des malédictions. Ce livre en a ! Bousculade de confort de lecture et nouvelles sensations sont au rendez-vous.

Lorsque je lis les différentes critiques négatives concernant ce livre, je remarque surtout que, ce que les lecteurs n’ont pas apprécié, c’est le côté abstrait du récit, le sous-texte qu’ils ont eu du mal à appréhender. Lire entre les lignes n’est pas toujours évident, je suis la première à le constater ! Je dirais que la responsable de cela est la poésie et le lyrisme omniprésents dont Vincent Tassy nous enveloppe au fil de ses lignes.

Si on s’attend à un livre nous exposant une succession de péripéties avec une intrigue et une conclusion claires, si passionnantes soient-elles, il est certain qu’il nous sera difficile d’apprécier toute l’originalité du roman.

Un conseil ? Lorsque vous vous installerez avec « Apostasie » entre les mains, lâchez prise. Laissez le réel et le terre-à-terre de côté, et laissez-vous emporter. Lorsque je me suis mise à la lecture de fantasy, il y avait beaucoup de choses qui me faisaient tiquer quant à la logique des intrigues et de leur résolution. Et un jour j’ai appris l’expression « Ta gueule, c’est magique ! » (à dire avec humour bien-sûr), parfois utilisée dans les jeux de rôle par des maître du jeu un peu dépassés par la situation.

Cette expression résume plutôt bien ce « lâcher prise » dont, je pense, nous avons besoin pour pleinement nous imprégner d’un livre et saisir le message que l’auteur a voulu faire passer. S’abandonner à l’univers qui nous est offert. Pour les plus sceptiques, résumez cela par un « Bon d’accord… admettons » ;).

Pour Apostasie, je dirais plutôt que l’expression est « Ta gueule, c’est poétique ! ». Je ne suis pas du tout réceptive à la poésie, et pourtant ce roman a su me charmer de de A à Z, probablement grâce à cette atmosphère gothique, douce, oppressante et apaisante à la fois. Est-ce qu’il y a de la magie ? Oui, portée par une seule chose : la passion. L’Amour est presque une personnage à part entière ici.

Normalement, c’est à ce moment de la chronique que les lecteurs anti-poésie s’en vont. Non, restez ! Des aventures, « Apostasie » en a à vous raconter ! C’est justement cela qui rend ce livre si difficile à lâcher : l’équilibre entre lyrisme et histoire est parfait ! Vous suivrez bel et bien l’histoire, vous comprendrez les épreuves par lesquelles le roi et la reine d’Altrosa sont passés. Les questionnements sur la mort, et l’éternité sont très bien traités, avec dans tout cela le point de vue des vampires qui sont au cœur de l’intrigue. Nous sommes très loin des vampires pulp à la Twilight, mais plus proches de Dracula, avec un côté sanguinaire et sensuel terriblement sexys.

Je rejoins Margaud sur un point : ce n’est pas forcément un coup de cœur (quoique…), mais il a assurément su trouver une résonance en moi. Nostalgie, mélancolie folie, envoûtement, désir, désespoir, la beauté de la mort et la passion sont les maîtres mots de ce récit, que je ne peux que chaudement vous recommander

Ma note : 20/20

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7 réflexions sur “« Apostasie » de Vincent Tassy – Quand une atmosphère ne nous lâche plus

  1. Tu m’as donné envie de le lire, il a l’air tellement chouette! Par contre j’ai effectivement un peu peur de pas reussir a lire entre les lignes et voir que ce qui est écrit… mais je vais quand meme me laisser tenter parce que là… ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Je l’ai lu récemment aussi et j’ai un avis un peu mitigé. J’ai adoré l’histoire de la princesse Apostasie et de ses parents mais j’ai moins aimé le côté d’Anthelme. L’écriture était un peu trop fioriturée pour moi aussi, j’adore son style un peu plus simple, comme dans Effroyable porcelaine. C’est pas la cohérence ou crédibilité des événements ou du récit qui m’a dérangée, mais plutôt le contenu, il y a certains trucs où j’étais VRAIMENT PAS PRÊTE mdr.
    Mais c’était une expérience de lecture intéressante et ça change pas mon avis sur l’auteur qui reste absolument trop cool ^^
    Bises !
    Kin

    Aimé par 1 personne

  3. J’ai lu ce livre en Novembre et je me rends compte qu’il m’a beaucoup marquée aussi. En plus, je l’ai vraiment lu au bon moment, l’ambiance était parfaite. Jolie chronique qui m’a rappelé ce que j’ai ressenti lors de ma lecture 😉

    Aimé par 1 personne

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