« La lune est à nous » de Cindy Van Wilder – Quand un livre et son auteur te parlent

Wise men say
Only fools rush in
But I can’t help falling in love with you
Shall I stay?
Would it be a sin
If I can’t help falling in love with you?

Tu auras peut-être reconnu les paroles. Ce matin-là, Elvis a chanté pour moi, pour ce moment. J’étais assise dans le car, en route pour le travail. Le froid commençait à picoter sévèrement. Mais j’étais pelotonnée sur mon fauteuil, au chaud. Je savais que je n’avais plus que quelques minutes pour profiter pleinement de ma lecture. Et j’ai lu le moment qui m’a fait arriver à mon bureau avec une boule dans la gorge. Un timide rayon de soleil a traversé les nuages pour tenter de réchauffer un peu Paris et d’éclairer la jungle de travaux au milieu de laquelle le car tentait de se frayer un chemin. Et la douce voix d’Elvis a achevé de me transporter vers un monde plein d’amour et de bienveillance. Le monde de Cindy Van Wilder, en somme.

Aujourd’hui, je te parle de « La lune est à nous ».

 la lune est à nous de cindy van wilderMax et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ?

Mon avis

Je ne sais pas si tu l’as compris avec cette intro (je sais c’était subtil) mais j’ai modérément apprécié ma lecture. Non, plus exactement, elle m’a bouleversée.

Chaque page, chaque ligne, chaque mot était emprunt de la gentillesse, de la sensibilité, de l’authenticité et de la bienveillance de Cindy. Si tu l’as déjà rencontrée, tu sais de quoi je veux parler. 😉

Chaque chapitre est raconté du point de vue d’un des deux protagonistes. On vit leurs complexes, leurs peurs, leurs doutes. On vit le cyber-harcèlement d’Olivia, l’homosexualité de Max (je ne vous spoile pas, on est très rapidement mis dans le bain, je vous rassure). On est eux.

Mais surtout, on sent tout l’engagement de Cindy Van Wilder dans son combat pour l’acceptation de tous, toutes communautés confondues. Et je crois que ça ne pouvait pas mieux transparaître que par écrit.

Ce livre est un concentré de douceur.

Je l’admets, je ne suis confrontée à aucun des soucis de nos deux héros. Si j’ai des complexes sur mon corps, ils sont bien moins difficiles à vivre que ceux qui souffrent du regard de la société sur leurs rondeurs. Je ne suis pas discriminée pour mon orientation sexuelle ou ma couleur de peau. Ah ben si en fait. Les peaux très blanches subissent aussi moqueries et discrimination qui complexent. Beaucoup. Et personnellement, ma peau reste mon plus énorme complexe. Comme quoi on a beau faire un 36, se mettre en maillot de bain peut toujours être une étape insurmontable. Eh oui, c’est bien connu, la belle peau bronzée, c’est ça, le vrai critère de beauté.

Véritable anecdote : en août, gare de Lyon, j’étais en short, un homme m’a alors lancé (sans « bonjour », ni rien) « C’est pas possible vos jambes. Il faut faire quelque chose, vous êtes trop blanche ». Imaginez le scandale dans la situation inverse ? Jamais vous ne diriez à quelqu’un qu’il est trop bronzé, ou pire, trop noir (déjà parce que c’est complètement con !) ! Et pourtant, dire à quelqu’un qu’il ou elle est trop blanche ou trop mince, ça passe ! A gerber…

Tout comme Olivia et Max, j’ai été victime de harcèlement au collège et au lycée. Ouais, comme la majorité d’entre nous. Mais quelque part, cela nous aide bien à nous identifier à eux. L’isolement, le dénigrement, la perte de confiance en soi. Des moments où on aurait vraiment eu besoin de motivation pour donner un grand coup de pied au fond pour mieux remonter à la surface. Toute la philosophie de ce livre.

Donc toi lecteur, ce n’est peut-être pas ton poids ou ta couleur de peau qui te complexent. Ou ton orientation sexuelle. Mais quels que soient tes questionnements sur ton physique, ton image ou quoi que ce soit d’autre, ce livre saura te remuer, t’émouvoir. Et surtout, tu auras l’impression qu’à chaque chapitre, quelqu’un te prend dans ses bras pour t’encourager à envoyer chier tous ces diktats. A t’assumer. A être fier de toi. Pour ma part, j’ai eu l’impression d’avoir dix jours de conversation cosy avec l’auteure. Toute sa bienveillance n’a pas cessé de briller sur mon quotidien, dès que je me plongeais dans ma lecture ou bien que je pensais tout simplement  à mon livre.

Je ne suis pas la fille la plus complexée qui soit, certes. Certains me disent que je n’ai rien à déprécier chez moi. Ce n’est pas mon ressenti. Et j’ai eu besoin de ce moment de bienveillance. Cindy m’a fait du bien. Et ce livre rejoint « Fangirl » sur mon étagère de livres doudous (ma chronique est par ici si tu veux encore un peu plus bisounours).

Lance toi. Toi aussi, tu finiras par décrocher la lune. 🙂

Je ramasse la serviette de bain d’un geste sec, malgré mes mains qui tremblent.

Je me tourne vers la jeune fille, toujours immobile. Sa peau ruisselante est agitée de frissons. Pas étonnant avec ce qu’elle vient de se prendre, je songe […].

Je trouve son regard.

Des prunelles qui s’agrandissent à ma vue, mais ne se dérobent pas.

Et à ce moment là se passe un truc dingue, quelque chose que je n’ai rencontré que dans les bouquins ou les films, quand deux personnages se fixent dans le blanc des yeux sans arriver à se lâcher.

Cette sensation de chute libre.

Le cœur qui bat triple mesure.

Et surtout cette certitude qui s’affiche en lettres rayonnantes dans mon esprit.

Je te connais.

C’est complètement fou de le dire à cette étrangère, qui me dévisage toujours d’un air perdu, mais c’est vrai.

Là, à cet instant, il n’y a personne d’autre sur cette terre que je comprends mieux qu’elle. Et dans ses yeux, je lis le même message.

Nous nous connaissons.

Livraddict

Ma note : 20/20

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14 réflexions sur “« La lune est à nous » de Cindy Van Wilder – Quand un livre et son auteur te parlent

  1. Voilà un roman qui me fait envie depuis l’annonce de sa sortie, depuis que j’ai lu son résumé et tout simplement parce que c’est Cindy Van Wilder ! Cette femme est tellement adorable et bienveillante 🙂
    Bref, ce livre est sur ma WL depuis un petit moment mais je pense d’abord finir sa saga Les Outrepasseurs !

    Très jolie chronique en tout cas, qui donne encore plus envie 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai encore de lire ce bouquin depuis… sa sortie en fait. Et je vais le faire, j’attends juste le bon moment !
    (Et je suis dans la team peau trop blanche aussi, mais comme je suis rousse, c’est pas le truc qui m’a fait complexer le plus !)

    Aimé par 1 personne

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